jeudi 27 octobre 2016

Comment voulez-vous que je sache tout ça ?

Je ne peux plus y échapper. Je me suis engagé, à le faire « dans la semaine au plus tard, promis ma puce ». Ce samedi matin, c’était activité « grand ménage » à la maison. Sophie passait l’aspirateur, nos enfants …je ne me souviens plus mais sans aucun doute possible étaient-ils surinvestis sur une tâche essentielle. De mon côté, j’étais perché, pas très fier, en équilibre précaire sur le plateau de mon escabeau en bois, tentant de nettoyer les impostes vitrées des portes à plus de 4 mètres de haut.  
 
Pan ! 

mardi 18 octobre 2016

Les patrons ont-ils les pieds plus solides que les employés ?

Martin est préparateur de commandes depuis 17 ans chez Proctectphone, entreprise spécialisée dans la conception, la fabrication et la vente de housses de protection pour les portables… Du Nokia 3210 au dernier smartphone, l’entreprise se vante de pouvoir tout fournir. Le stockage des 8000 références est assuré dans un entrepôt de 5000 m². Depuis quelques années, le chiffre d’affaires est garanti essentiellement par Carchan, le numéro un de la grande distribution en Europe. Plus de 330 magasins à livrer deux fois par semaine. Pour la télévente, le jeudi est la grosse journée ! Les 330 Carchan commandent leurs housses pour une livraison impérative le samedi avant 6h00, pour que les produits soient disponibles en rayon dès l’ouverture des magasins. C’est essentiel, le samedi représentant en moyenne 40% du CA de la semaine. Le vendredi matin, chez Protectphone, c’est le rush pour la logistique et particulièrement pour le service préparation de commandes. Tout doit être prêt à 15h00 lorsque les transporteurs viendront récupérer les palettes à livrer partout en Europe. Frédéric est le responsable de l’entrepôt. Le vendredi, la journée de travail commence deux heures plus tôt que le reste de la semaine. A quatre heures, les douze préparateurs de commandes sont déjà au boulot. Frédéric ne dort jamais bien dans la nuit du jeudi au vendredi craignant l’absence d’un préparateur. Même avec un surinvestissement des onze présents, les commandes ne seraient pas toutes honorées. Le contrat qu’ils ont signé avec Carchan est contraignant : chaque rupture, quelle qu’en soit la cause, occasionnera non seulement une perte de chiffre d’affaires pour Protectphone mais aussi des pénalités importantes en euros sonnants et trébuchants. Et trébucher, il n’en est pas question !   
    Aussi, un préparateur absent, c’est la quasi-certitude d’une pénalité évaluée à 5000 euros. Ça fait mal ! Deuxième raison du sommeil peu réparateur pour Frédéric : l’attitude de Martin. Depuis un mois, Martin, le plus ancien, le plus rapide et le plus expert des préparateurs de commande, a décidé que le port des chaussures de sécurité, pour lui, c’était comme le bonheur au Club Med : « Si je veux !».  
     Et il ne le veut pas beaucoup !   

jeudi 1 septembre 2016

Pourquoi j'ai suivi mon chef aveuglément !




Voici ce que me racontait un participant à la fin d’une journée de formation :  
   1992 : ce n’est pas ma date de naissance et je le déplore, mais la date de mon entrée dans la vie active. Après deux années passées dans une PME comme technico-commercial, des résultats insuffisants et une fusion de l’entreprise avec le géant européen du secteur ont mis fin à cette première expérience. 
   Me voilà à nouveau en quête d’un travail avec son cortège de CV, de lettres de motivation, d’épluchage d’annonces dans les journaux (oui, j’ai connu l’époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître où l’on trouvait les offres d’emploi sur une espèce de cahier en papier que l’on appelait journal), d’entretiens d’embauche. 
   « Quartier de La Défense, tour vitrée étincelante… « C’est sûr que si je décroche le job, ce serait pas mal » m’étais-je dit alors en me rendant à un entretien d’embauche. A 22 ans, on est parfois très attiré par les apparences et tout ce qui brille…   

Soyez en joie !

« Travailler pour qui pour quoi
Comment fait-on
Pour quel résultat
Donner sa vie à qui à quoi
Pour quel résultat, pour quel patronat
Travaille pour qui pour quoi
Comment fait-on pour tout prendre sur soi »
Les chiens de paille – MIOSSEC
Le talent artistique et poétique de Christophe Miossec n’est plus à démontrer. Auteur, compositeur et interprète de grand talent, il sait si bien nous faire partager, dans ses chansons, son univers.
MAIS !
Mais son immense talent artistique l’a toujours tenu très éloigné du monde de l’entreprise où il n’a passé que très peu de temps au début de sa vie.
Il n’était pas du tout fait pour cela, et heureusement pour la création artistique, il n’a pas persévéré. Si vous écoutez cette chanson, vous comprendrez vite que pour lui, cette expérience du travail en entreprise a été un réel calvaire.
Et pour vous ? Et pour nous ? Qu’en est-il ?

vendredi 24 juin 2016

" On a eu chaud ! Ça aurait pu coûter deux plaques ! "

    Julie est la DRH Europe de J’assure tout, une société d’assurances. Elle travaille au siège à La Défense. Avec 7800 collaborateurs présents dans 12 pays, plus de 950 agences, c’est un acteur majeur du secteur. Pour l’assister dans sa mission, une cohorte de juristes, assistants RH, chargés de ceci-cela…et Paul, son assistant personnel depuis 17 ans déjà. Paul, c’est son homme de confiance. Lui seul a accès à son agenda. L’officiel et le off : les réunions et les rendez-vous chez l’ostéo. Lors des rares moments où Julie n’en peut plus, lui seul est le témoin de ses confidences. Lui seul a le droit de la déranger…même lorsqu’elle dit ne pas être « dérangeable », car lui seul sait discerner lorsque sa demande doit être entendue et lorsqu’il doit l’enfreindre…

    Il y a trois ans, Julie a fait travailler une équipe d’avocats sur le dossier de Michel Legrois. Depuis quelque temps, Michel Legrois, le directeur commercial, était soupçonné de vendre des informations stratégiques à la concurrence : fichiers clients, offres commerciales futures. Les administrateurs ont pris très au sérieux les alertes émanant d’un collaborateur ayant surpris à plusieurs reprises Michel Legrois dans des lieux où il n’avait pas à être et à des horaires inhabituels. Ils ont décidé de faire appel au service d’un détective privé. Rapidement, les soupçons sont devenus des certitudes. Le Président de l’entreprise n’a pas hésité une demi-seconde : « Vous me le virez ! ».

samedi 11 juin 2016

" Merde !!! Mon parachute"

S’il n’y a pas de manières de mourir intelligentes, certaines semblent plus absurdes que d’autres. Celle de Jean-Marc fait partie de celles-ci.

Virginie, sa veuve, nous raconte :

    « Quand j’ai connu Jean-Marc, nous avions 16 ans. Rapidement, je suis tombée très amoureuse de ce grand gaillard aux cheveux longs, un peu rebelle et très déterminé. Un saut en parachute en tandem, offert à l’occasion de son quinzième anniversaire, lui avait donné une certitude. « Lorsque je saute en parachute, je suis vraiment libre. Je veux être libre souvent. Je gagnerai ma vie en sautant en parachute ». A 21 ans, Jean-Marc a obtenu le DESJEPS : Diplôme d’Etat supérieur de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport spécialisé « performance sportive ». C’était le must ! Avec cette qualification, il pouvait tout envisager. Très vite, il a créé sa petite structure  « Vol au vent ». Il intervenait auprès de clubs pour former des parachutistes et comme il l’avait lui-même vécu, participer à des baptêmes de sauts. Mais son contrat coup de cœur était sans aucun doute celui qu’il avait signé avec la FFP – Fédération française de parachutisme -. Sa mission, trois jours par semaine, consistait à filmer l’équipe de France de Voltige, afin de faciliter le débriefing suite aux sauts. La vidéo ne triche pas et permet un regard ultra précis sur les enchaînements.

vendredi 27 mai 2016

"Certains sèment, d'autres récoltent"


    Nos actes ne sont jamais neutres. En ce sens, l’inertie est un acte. L’acte de ne rien faire. Tous nos actes ont des conséquences. Ils participent à « tirer » vers le haut notre environnement – nos familles, nos collaborateurs, notre entreprise, notre pays, la planète -  ou vers le bas. Nos actes sont des atomes de construction ou de destruction. De vie ou de mort. Souvent, nous ne percevons pas, nous ne voyons pas l’effet de nos actes. « Certains sèment, d’autres récoltent ». Récemment, un participant rencontré dans un aéroport, me faisait la confidence suivante :
- Un jour, j‘étais dans une merde sans nom. Et face à ce qui me semblait insurmontable, la décision définitive s’échafauda dans mon esprit. Chaque seconde qui passait était un atome de plus de détermination à en finir. Je broyais mon mal-être dans un café et devant un expresso que je laissais refroidir. Une personne est venue s’asseoir à la table à côté de la mienne. Elle m’a souri puis, un peu hésitante, m’a dit : « Vous avez l’air fatigué. » Puis, elle s’est tue. Et là, j’ai lâché prise, j’ai tout balancé : mon mal-être, les épreuves du passé pas digérées, celles du présent qui me fusillaient, celles de l’avenir que j’imaginais …